{"id":899,"date":"2023-09-30T12:00:00","date_gmt":"2023-09-30T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/?p=899"},"modified":"2025-07-07T16:35:43","modified_gmt":"2025-07-07T14:35:43","slug":"la-decouverte-des-avalanches-de-debris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/la-decouverte-des-avalanches-de-debris\/","title":{"rendered":"La d\u00e9couverte des avalanches de d\u00e9bris"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:clamp(1.039rem, 1.039rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.935), 1.6rem);\">En 1980, l\u2019\u00e9ruption du mont Saint Helens fit prendre conscience de l\u2019existence d\u2019un \u00ab&nbsp;nouvel&nbsp;\u00bb al\u00e9a volcanique. D\u00e9sormais, on savait qu\u2019un volcan pouvait s\u2019effondrer de mani\u00e8re catastrophique. Souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme cela, l\u2019histoire ne r\u00e9siste pourtant pas \u00e0 une analyse des archives, qui montrent que plusieurs avalanches de d\u00e9bris avaient d\u00e9j\u00e0 eu lieu devant t\u00e9moins, sans forc\u00e9ment avoir le m\u00eame retentissement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#800000\" class=\"has-inline-color\">I<\/mark><span style=\"font-variant: small-caps;\">l convient<\/span> d\u2019abord de d\u00e9finir ce qu\u2019est une avalanche de d\u00e9bris. Il s\u2019agit de l\u2019effondrement, en g\u00e9n\u00e9ral partiel, d\u2019un \u00e9difice volcanique. Mue par la gravit\u00e9, une masse de roches d\u00e9vale les flancs du volcan \u00e0 grande vitesse et peut encore parcourir plusieurs dizaines de kilom\u00e8tres sur terrain plat avant de s\u2019arr\u00eater. Ces avalanches sont g\u00e9n\u00e9ralement s\u00e8ches, c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019eau n\u2019est pas impliqu\u00e9e dans leur \u00e9coulement \u2013 en pr\u00e9sence d\u2019eau on parle plut\u00f4t de \u00ab&nbsp;coul\u00e9e de d\u00e9bris&nbsp;\u00bb, un ph\u00e9nom\u00e8ne diff\u00e9rent. Notez qu\u2019une avalanche de d\u00e9bris n\u2019est pas toujours concomitante \u00e0 une \u00e9ruption comme ce fut le cas au mont Saint Helens. Les stratovolcans sont des \u00e9difices par nature instables : ils sont constitu\u00e9s d\u2019une accumulation de mat\u00e9riaux h\u00e9t\u00e9roclites (cendres, lapillis, lave\u2026), souvent poreux et alt\u00e9r\u00e9s par les fumerolles, qui en font des constructions bien moins solides que les montagnes \u00ab&nbsp;classiques&nbsp;\u00bb, granitiques ou s\u00e9dimentaires. Ils pr\u00e9sentent en plus de fortes pentes, pouvant atteindre 30\u00b0 pr\u00e8s du sommet, ce qui favorise d\u2019autant leur instabilit\u00e9. Ils peuvent ainsi s\u2019effondrer sans qu\u2019il y ait forc\u00e9ment d\u2019activit\u00e9 \u00e9ruptive, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un s\u00e9isme par exemple.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"693\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Perrier-1024x693.jpg\" alt=\"Falaise de Perrier (Auvergne) avec au sommet des m\u00e9gablocs de lave (sombre) surmontant une matrice claire.\" class=\"wp-image-920\" style=\"width:620px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Perrier-1024x693.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Perrier-300x203.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Perrier-768x519.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Perrier-600x406.jpg 600w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Perrier.jpg 1199w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Un d\u00e9p\u00f4t d\u2019avalanche de d\u00e9bris en Auvergne : la falaise de Perrier, avec au sommet des m\u00e9gablocs de lave (sombre) surmontant une matrice claire. Plus tendre, elle a \u00e9t\u00e9 creus\u00e9e d\u2019habitations troglodytiques. <a href=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Perrier_(63)_grottes.JPG\">CC BY-SA P\u00e8re Igor<\/a>.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003Sur le terrain, les avalanches de d\u00e9bris se pr\u00e9sentent comme un m\u00e9lange h\u00e9t\u00e9roclite de blocs de tailles tr\u00e8s diverses pris dans une gangue de particules tr\u00e8s fines, la \u00ab&nbsp;matrice&nbsp;\u00bb. Cette matrice est issue de la pulv\u00e9risation de certains blocs pendant leur transport \u2013 ceux ayant surv\u00e9cu \u00e0 ce traitement pr\u00e9sentent souvent des fractures dites \u00ab&nbsp;en puzzle&nbsp;\u00bb. Les blocs peuvent atteindre des tailles consid\u00e9rables, parfois plusieurs centaines de m\u00e8tres (on parle alors de \u00ab&nbsp;m\u00e9gablocs&nbsp;\u00bb)&nbsp;! Des morceaux entiers de volcan rest\u00e9s intacts lors de son effondrement (photo ci-dessus). Ceux qui demeurent en surface du d\u00e9p\u00f4t forment ce que l\u2019on appelle des <em>hummocks<\/em>&nbsp;: des centaines de collines, souvent coniques, qui \u00e9mergent du sol comme des icebergs sur l\u2019oc\u00e9an (photo ci-dessous). L\u2019autre trace visible dans le paysage suite \u00e0 une avalanche de d\u00e9bris est la cicatrice laiss\u00e9e dans le volcan, g\u00e9n\u00e9ralement en forme de U ou de fer \u00e0 cheval, au niveau du flanc effondr\u00e9. Ce sont ces marques imprim\u00e9es dans la terre qui vont mettre certains esprits sur la piste des avalanches de d\u00e9bris.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"685\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Shasta-1024x685.png\" alt=\"Vue du mont Shasta (Californie) avec un paysage typique de hummocks.\" class=\"wp-image-921\" style=\"width:620px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Shasta-1024x685.png 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Shasta-300x201.png 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Shasta-768x514.png 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Shasta-600x401.png 600w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Shasta.png 1126w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Vue du mont Shasta (Californie) avec un paysage typique de <\/em>hummocks<em>, collines coniques constitu\u00e9es de morceaux du volcan emport\u00e9s par une avalanche de d\u00e9bris dat\u00e9e de 300 000 ans environ. John Scurlock, USGS, domaine public.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des intuitions sans observations<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet, plusieurs personnes ont eu une certaine intuition du ph\u00e9nom\u00e8ne sans l\u2019observer directement, mais en identifiant son impact sur le paysage. Ainsi sur l\u2019\u00eele de Java (Indon\u00e9sie), plusieurs auteurs ont propos\u00e9 un lien entre le \u00ab&nbsp;pays des dix mille monticules&nbsp;\u00bb, pr\u00e8s de Tasikmalaya, et le tout proche volcan Galunggung \u2013 ces collines sont en effet des <em>hummocks<\/em> d\u00e9pos\u00e9s par un effondrement du volcan il y a plusieurs milliers d\u2019ann\u00e9es. Dans son immense somme sur la g\u00e9ographie de Java[1], le naturaliste n\u00e9erlandais Franz Wilhelm Junghuhn identifie clairement les collines de Tasikmalaya comme les restes d\u2019une \u00e9ruption pass\u00e9e du Galunggung, m\u00eame si le processus exact de leur formation reste mal d\u00e9fini. D\u2019apr\u00e8s les t\u00e9moignages recueillis aupr\u00e8s des locaux, Junghuhn indique aussi que les sommets des monticules servirent de refuge aux habitants qui fuyaient les <em>lahars<\/em> (torrents de boue volcanique) lors de l\u2019\u00e9ruption du volcan en 1822. Les d\u00e9p\u00f4ts de l\u2019ancienne \u00e9ruption ont donc pr\u00e9serv\u00e9 des vies de la nouvelle \u2013 qui fit tout de m\u00eame plus de 4&nbsp;000 victimes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003D\u2019autres voyaient dans ces formes un paysage d\u2019origine anthropique : ils auraient \u00e9t\u00e9 construits par les hommes pour \u00e9pierrer les rizi\u00e8res\u2026 D\u2019ailleurs, les locaux n\u2019appellent-ils pas cette r\u00e9gion <em>bakoul toumpa beras<\/em>, les \u00ab&nbsp;paniers \u00e0 riz renvers\u00e9s&nbsp;\u00bb&nbsp;? Un autre N\u00e9erlandais, le g\u00e9ologue Berend George Escher (et demi-fr\u00e8re de l\u2019artiste M. C. Escher), va plus loin dans le rapprochement entre les collines et le volcan. En 1925, muni d\u2019un relev\u00e9 topographique pr\u00e9cis de la zone, il entreprend de calculer le volume des \u00ab&nbsp;dix mille monticules&nbsp;\u00bb \u2013 en r\u00e9alit\u00e9 il en compte \u00ab&nbsp;seulement&nbsp;\u00bb 3&nbsp;648\u2026 Il obtient le chiffre total de 142&nbsp;millions de m\u00e8tres cube[2]. Il estime ensuite le volume de ce qu\u2019il appelle le \u00ab&nbsp;secteur manquant&nbsp;\u00bb du Galunggung, c\u2019est-\u00e0-dire la cicatrice laiss\u00e9e par l\u2019avalanche de d\u00e9bris, obtenant pr\u00e8s de 3&nbsp;000&nbsp;millions de m\u00e8tres cube, soit vingt fois plus. Malgr\u00e9 cette diff\u00e9rence, Escher reste convaincu que les monticules sont bien issus du volcan \u2013 il a observ\u00e9 des blocs de lave and\u00e9sitique en leur sein. Il invoque le fait que les monticules ne repr\u00e9sentent que la partie sup\u00e9rieure du d\u00e9p\u00f4t&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\" style=\"font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.708), 1.3rem);\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.708), 1.3rem);\">Par contre, les coupures des rivi\u00e8res et des ruisseaux d\u00e9montrent que la m\u00eame formation de mat\u00e9riaux and\u00e9sitiques fins et grossiers m\u00e9lang\u00e9s s\u2019\u00e9tend sous les d\u00e9pressions. Aux environs de Tjikiara et Tjimoulou s\u2019est creus\u00e9 un lit \u00e0 15&nbsp;m\u00e8tres en contrebas de la route et laisse apercevoir une coupe compos\u00e9e de mat\u00e9riaux gros et fins contenant de gros blocs anguleux d\u2019and\u00e9site. Il n\u2019est pas possible de d\u00e9terminer la profondeur \u00e0 laquelle s\u2019\u00e9tend cette formation. Il est cependant \u00e9vident qu\u2019une couche de d\u00e9bris d\u2019une \u00e9paisseur moyenne de 20&nbsp;m\u00e8tres environ, et dont les monticules ne sont que les parties culminantes, repr\u00e9sente un cubage consid\u00e9rable. En tenant compte de l\u2019identit\u00e9 de la composition des monticules et de la couche de d\u00e9bris sous-jacente, il me semble que l\u2019explication la plus probable est celle que les deux doivent le jour \u00e0 un \u00e9boulement, parti du secteur maintenant disparu du volcan.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Juste en observant le paysage et en faisant des calculs, Berend George Escher avait ainsi r\u00e9uni presque toutes les pi\u00e8ces du puzzle. Presque, car il se trompe finalement sur la nature exacte de l\u2019\u00e9boulement&nbsp;: il invoque un grand lac de crat\u00e8re dont l\u2019eau aurait fait pression sur le flanc du volcan avant sa rupture. Dans sa th\u00e9orie, le pays des dix mille collines est donc un d\u00e9p\u00f4t de <em>lahar<\/em>, alors que l\u2019on sait d\u00e9sormais que l\u2019eau n\u2019est pas un \u00e9l\u00e9ment n\u00e9cessaire \u00e0 sa formation. Mais en l\u2019absence d\u2019avalanches \u00ab&nbsp;s\u00e8ches&nbsp;\u00bb contemporaines \u2013 ou au moins de la diffusion de leur existence \u2013 cette explication demeure la plus commune \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Ainsi Grange, en 1931, propose le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne comme origine des \u00ab collines coniques \u00bb des monts Taranaki et Ruapehu[3].<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des observations assez anciennes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant m\u00eame ces intuitions, des avalanches de d\u00e9bris se sont produites devant t\u00e9moins. En voici deux exemples ayant eu lieu aux <span style=\"font-variant: small-caps;\">xviii<\/span><sup>e<\/sup> et <span style=\"font-variant: small-caps;\">xix<\/span><sup>e<\/sup> si\u00e8cles. La plus ancienne a eu lieu en 1792 au mont Unzen (Japon). Cette ann\u00e9e-l\u00e0, ce dangereux volcan \u2013 qui tuera les Krafft, entre autres victimes, 200&nbsp;ans plus tard \u2013 connut une \u00e9ruption qui d\u00e9buta en f\u00e9vrier, produisant une coul\u00e9e de dacite, lave visqueuse qui s\u2019\u00e9coula plut\u00f4t paisiblement dans les premiers temps. Mais le 21 mai, une partie du volcan s\u2019effondra, g\u00e9n\u00e9rant une avalanche de d\u00e9bris cataclysmique qui s\u2019\u00e9coula vers l\u2019est, d\u00e9truisant une partie de la ville de Shimabara avant d\u2019entrer dans la mer, ce qui provoqua un tsunami d\u00e9vastateur. Au total (avalanche et tsunami), cette catastrophe fit plus de 15&nbsp;000 victimes. Ici les <em>hummocks<\/em> ont donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s principalement dans la mer, et constituent aujourd\u2019hui un chapelet d\u2019\u00eelots (Tsukumojima, image ci-dessous). Cette \u00e9ruption, dont l\u2019avalanche de d\u00e9bris, a largement \u00e9t\u00e9 document\u00e9e par ses contemporains, qui en firent de nombreuses repr\u00e9sentations graphiques. Bien plus tard (mais avant l\u2019\u00e9ruption du mont Saint Helens), les g\u00e9ologues japonais avaient clairement identifi\u00e9 l\u2019origine de ce d\u00e9p\u00f4t, m\u00eame s\u2019ils parlaient alors de \u00ab&nbsp;glissement de terrain&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"913\" height=\"666\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Tsukumojima.jpg\" alt=\"Estampe de l\u2019artiste japonais Hasui Kawase, tir\u00e9e de sa s\u00e9rie Nihon fukei senshu (1922, \u00ab S\u00e9lection de sc\u00e8nes du Japon \u00bb), repr\u00e9sentant les Tsukumojima (\u00ab 99 \u00eeles \u00bb), chapelet d\u2019\u00eelots issus de la destruction du mont Unzen en 1792.\" class=\"wp-image-917\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Tsukumojima.jpg 913w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Tsukumojima-300x219.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Tsukumojima-768x560.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Tsukumojima-600x438.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 913px) 100vw, 913px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Estampe de l\u2019artiste japonais Hasui Kawase, tir\u00e9e de sa s\u00e9rie <\/em>Nihon fukei senshu<em> (1922), repr\u00e9sentant les Tsukumojima (\u00ab&nbsp;99 \u00eeles&nbsp;\u00bb), chapelet d\u2019\u00eelots issus de la destruction du mont Unzen en 1792. Domaine public.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003Un si\u00e8cle plus tard, un autre volcan nippon connut le ph\u00e9nom\u00e8ne. Il s\u2019agit du mont Bandai, sur l\u2019\u00eele Honshu. En 1888, une grosse \u00e9ruption produisit des \u00e9coulements pyroclastiques, mais aussi une volumineuse avalanche de d\u00e9bris (1,5&nbsp;km<sup>3<\/sup>) qui parcourut 11&nbsp;km et d\u00e9truisit plusieurs villages. Les g\u00e9ologues japonais Seikei Sekiya et Yasushi Kikuchi arriv\u00e8rent sur place quatre jours apr\u00e8s la catastrophe et commenc\u00e8rent \u00e0 \u00e9tudier la zone et recueillir des t\u00e9moignages. Ils publi\u00e8rent l\u2019ann\u00e9e suivante un long compte-rendu en anglais de leurs d\u00e9couvertes[4]. Ils reconnaissent que la majeure partie des d\u00e9p\u00f4ts \u00e9ruptifs n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9ject\u00e9e par l\u2019\u00e9ruption mais plut\u00f4t mise en place \u00ab&nbsp;comme un glissement de terrain&nbsp;\u00bb. Leurs dessins (ci-dessous) montrent la morphologie conique typique des <em>hummocks<\/em> ; ils les qualifient po\u00e9tiquement de \u00ab&nbsp;nombreux petits Fujiyamas&nbsp;\u00bb. Bien qu\u2019ils aient pris soin de ne pas \u00e9crire leurs r\u00e9sultats dans la langue de Mishima, ils sont rest\u00e9s confidentiels.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"409\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bandai_san-1024x409.png\" alt=\"Dessin extrait du compte-rendu de l\u2019\u00e9ruption du mont Bandai par Sekiya &amp; Kikuchi (1889). On distingue deux traits typiques des avalanches de d\u00e9bris : cicatrice en fer \u00e0 cheval sur le volcan, hummocks \u00e0 sa base.\" class=\"wp-image-918\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bandai_san-1024x409.png 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bandai_san-300x120.png 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bandai_san-768x307.png 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bandai_san-600x240.png 600w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bandai_san.png 1181w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Dessin extrait du compte-rendu de l\u2019\u00e9ruption du mont Bandai par Sekiya &amp; Kikuchi (1889). On distingue deux traits typiques des avalanches de d\u00e9bris : cicatrice en fer \u00e0 cheval sur le volcan, <\/em>hummocks<em> \u00e0 sa base. Domaine public.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003Dernier exemple, plus r\u00e9cent et hors du Japon cette fois. En 1956, le volcan russe Bezymianny (litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;sans nom&nbsp;\u00bb) entra en \u00e9ruption au Kamtchatka. Apr\u00e8s plusieurs mois d\u2019activit\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par la croissance d\u2019un cryptod\u00f4me \u2013 un d\u00f4me de lave qui pousse \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du volcan \u2013 une partie de l\u2019\u00e9difice s\u2019effondra vers l\u2019est. Cette avalanche s\u2019accompagna d\u2019un \u00ab&nbsp;blast&nbsp;\u00bb lat\u00e9ral dont le souffle coucha les arbres. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, les volcanologues russes qui \u00e9tudi\u00e8rent le site consid\u00e9r\u00e8rent les d\u00e9p\u00f4ts comme issus d\u2019une activit\u00e9 explosive \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb, les identifiant comme les produits de coul\u00e9es pyroclastiques. Ce n\u2019est qu\u2019en 1980, \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements du mont Saint Helens, que l\u2019on reconsid\u00e9ra les choses. Les deux \u00e9ruptions sont extr\u00eamement similaires ; en fait, on classifie aujourd\u2019hui les avalanches de d\u00e9bris en plusieurs cat\u00e9gories : celle du mont Saint Helens est classifi\u00e9e comme \u00ab&nbsp;de type Bezymianny&nbsp;\u00bb. Ant\u00e9riorit\u00e9 oblige, c\u2019est bien le volcan russe qui a donn\u00e9 son nom \u00e0 la cat\u00e9gorie. (Les deux autres types d\u2019avalanches sont\u2026 Bandai et Unzen ! Nous ne reviendrons pas en d\u00e9tails sur leurs diff\u00e9rences dans cet article qui se veut avant tout historique.) Depuis son effondrement, le Bezymianny panse ses plaies&nbsp;: un d\u00f4me de lave est en train de combler la cicatrice.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"516\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bezy-1024x516.jpg\" alt=\"Vue du Bezymianny (Russie) en 2021. On distingue le niveau o\u00f9 le volcan a \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9 en 1956, et le nouveau d\u00f4me de lave qui \u00e9merge progressivement dans le vide laiss\u00e9 par l\u2019effondrement.\" class=\"wp-image-919\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bezy-1024x516.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bezy-300x151.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bezy-768x387.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bezy-600x302.jpg 600w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Bezy.jpg 1199w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Vue du Bezymianny (Russie) en 2021. On distingue le niveau o\u00f9 le volcan a \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9 en 1956, et le nouveau d\u00f4me de lave qui \u00e9merge progressivement dans le vide laiss\u00e9 par l\u2019effondrement. <a href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/e_kaspersky\/51413828502\">CC BY-NC-SA Eugene Kaspersky<\/a>.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Prise de conscience et r\u00e9interpr\u00e9tations<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" id=\"appel_note_1\">Si l\u2019avalanche de d\u00e9bris du mont Saint Helens en 1980 n\u2019est pas la premi\u00e8re a avoir \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e et d\u00e9crite, il faut tout de m\u00eame reconna\u00eetre qu\u2019elle a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une v\u00e9ritable prise de conscience du ph\u00e9nom\u00e8ne au sein de la communaut\u00e9 volcanologique. Elle a ainsi permis de nombreuses r\u00e9interpr\u00e9tations de d\u00e9p\u00f4ts autrefois attribu\u00e9s \u00e0 d\u2019autres processus. Comme \u00e0 Perrier (Puy-de-D\u00f4me) par exemple, o\u00f9 un vaste d\u00e9p\u00f4t jadis consid\u00e9r\u00e9 comme une succession de <em>lahars<\/em> est aujourd\u2019hui interpr\u00e9t\u00e9 un peu diff\u00e9remment. Si les couches inf\u00e9rieures du d\u00e9p\u00f4t sont bien des lahars, la massive partie sup\u00e9rieure (jusqu\u2019\u00e0 60&nbsp;m\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur) est en r\u00e9alit\u00e9 une avalanche de d\u00e9bris venue du volcan du Sancy, \u00e0 35&nbsp;kilom\u00e8tres de l\u00e0<sup><a href=\"#note_1\">1<\/a><\/sup>&nbsp;! De par le monde, de nombreux autres affleurements volcaniques mal compris ont ainsi pu \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9s \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements du mont Saint Helens, parfois \u00e0 tort (voir encadr\u00e9 ci-dessous).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-border-color has-background has-global-padding is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-de797c7c wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"border-color:#636363;border-width:2px;border-radius:10px;background-color:#bcbcbc;padding-top:var(--wp--preset--spacing--10);padding-right:var(--wp--preset--spacing--10);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--10);padding-left:var(--wp--preset--spacing--10)\">\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>Le cas de la coul\u00e9e de Gravenoire<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le Puy-de-D\u00f4me toujours, une \u00e9quipe[6] a r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 le d\u00e9p\u00f4t du puy de Gravenoire dans les ann\u00e9es 1990. \u00c0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e9nements du mont Saint Helens, elle a propos\u00e9 que ce d\u00e9p\u00f4t fut issu d\u2019une avalanche de d\u00e9bris provoqu\u00e9e par une \u00e9ruption en climat p\u00e9riglaciaire. La chaleur du volcan aurait fait fondre le perg\u00e9lisol, entra\u00eenant sa d\u00e9stabilisation. Voici un extrait de l\u2019\u00e9tude :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\" style=\"font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.708), 1.3rem);\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.708), 1.3rem);\">Son caract\u00e8re chaotique et surtout tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9roclite a donn\u00e9 lieu aux interpr\u00e9tations les plus vari\u00e9es. Il \u00e9tait dans la logique de Julien [1869] de la qualifier de \u00ab&nbsp;moraine glaciaire&nbsp;\u00bb, comme il le faisait simultan\u00e9ment pour les <span style=\"font-style: normal;\">lahars<\/span> montdoriens de Perrier, pr\u00e8s d\u2019Issoire, avec lesquels cette formation pr\u00e9sente de nombreuses analogies. Glangeaud [1901] parle de \u00ab&nbsp;delta torrentiel&nbsp;\u00bb. [\u2026] Rudel y voit une somme de coul\u00e9es de solifluxion p\u00e9riglaciaires. Nous avions nous m\u00eames initialement (Camus et al., in\u00e9dit) vu dans cette formation de Beaumont une coul\u00e9e boueuse en relation avec les \u00e9ruptions phr\u00e9atomagmatiques ayant donn\u00e9 naissance \u00e0 l\u2019hypoth\u00e9tique <span style=\"font-style: normal;\">maar<\/span> de Boiss\u00e9jour\u2013Beaumont. La r\u00e9interpr\u00e9tation ici-propos\u00e9e en termes d\u2019avalanche de d\u00e9bris \u2013 ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9sormais bien connu en volcanologie, depuis l\u2019\u00e9ruption du Mt St Helens [\u2026] \u2013 permet de relier entre elles en un ensemble coh\u00e9rent les multiples \u00ab&nbsp;anomalies&nbsp;\u00bb affectant, de Boiss\u00e9jour \u00e0 Aubi\u00e8re, tant la coul\u00e9e basaltique que son substratum.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet extrait est int\u00e9ressant \u00e0 plus d\u2019un titre. Premi\u00e8rement, il montre que si ce d\u00e9p\u00f4t est alors r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 \u2013 sans doute \u00e0 tort \u2013 comme une avalanche de d\u00e9bris, celui de Perrier est toujours consid\u00e9r\u00e9 comme un <em>lahar<\/em>. Deuxi\u00e8mement, il illustre bien les difficult\u00e9s parfois pr\u00e9sent\u00e9es par la g\u00e9ologie, science loin d\u2019\u00eatre exacte. Un adage dit que si l\u2019on montre un affleurement \u00e0 trois g\u00e9ologues, on obtient au moins quatre interpr\u00e9tations diff\u00e9rentes sur son origine\u2026 Aujourd\u2019hui, la coul\u00e9e de Gravenoire n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9e comme une avalanche de d\u00e9bris, mais l\u2019interpr\u00e9tation actuelle sera peut-\u00eatre remise en cause dans les d\u00e9cennies \u00e0 venir !<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003Les avalanches de d\u00e9bris font donc partie du cycle de vie d\u2019un volcan et ne sont pas rares \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des temps g\u00e9ologiques. Une r\u00e9cente compilation[5] a recens\u00e9 1\u00a0001 avalanches issues de 594 volcans\u00a0; la plupart des \u00e9v\u00e9nements qui ont pu \u00eatre dat\u00e9s ont eu lieu entre le Pl\u00e9istoc\u00e8ne et aujourd\u2019hui, soit au cours des 2,58 derniers millions d\u2019ann\u00e9es. L\u2019\u00e9tude recense 28 avalanches de d\u00e9bris depuis l\u2019ann\u00e9e 1500, soit une moyenne de plus de cinq par si\u00e8cle. On ne peut m\u00eame pas dire que le ph\u00e9nom\u00e8ne soit rare \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du temps humain. Mais alors, comment a-t-il pu rester m\u00e9connu si longtemps ? On peut invoquer plusieurs facteurs. Tout d\u2019abord, toutes les avalanches de d\u00e9bris n\u2019ont pas forc\u00e9ment l\u2019ampleur des quelques exemples cit\u00e9s dans ces lignes. La nouvelle base de donn\u00e9es inclut toutes les avalanches d\u2019un volume sup\u00e9rieur \u00e0 0,1\u00a0km<sup>3<\/sup>, mais beaucoup sont juste au-dessus de ce seuil tandis que peu atteignent les dimensions de Bandai (1,5\u00a0km<sup>3<\/sup>) ou du Saint Helens (2,5\u00a0km<sup>3<\/sup>). Ces \u00e9v\u00e9nements relativement modestes ont donc pu passer inaper\u00e7us. Ensuite, beaucoup de volcans explosifs (les plus expos\u00e9s \u00e0 ce type d\u2019al\u00e9a) sont situ\u00e9s dans des r\u00e9gions peu peupl\u00e9es : Kamtchatka, \u00celes Al\u00e9outiennes, Papouasie, d\u00e9sert andin, archipels polyn\u00e9siens\u2026 Autant d\u2019endroits o\u00f9 une \u00e9ruption pouvait, jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, passer inaper\u00e7ue ou rester non communiqu\u00e9e. Si l\u2019on regarde le nombre d\u2019\u00e9ruptions report\u00e9es depuis deux si\u00e8cles, il semble augmenter continuellement[7]. Cela ne veut pas dire qu\u2019il y a de plus en plus d\u2019\u00e9ruptions, seulement que nous avons aujourd\u2019hui davantage de moyens de les d\u00e9tecter. Les avalanches de d\u00e9bris auraient sans doute pu rester sous le radar quelques ann\u00e9es de plus, avant d\u2019\u00eatre in\u00e9vitablement rattrap\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e8re des satellites. Mais en frappant spectaculairement au c\u0153ur des \u00c9tats-Unis de Jimmy Carter, elles sont finalement entr\u00e9es sur la sc\u00e8ne de la volcanologie mondiale.\u00a0<mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#800000\" class=\"has-inline-color\">\u25a0<\/mark><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">Article issu de <a href=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/produit\/kipuka-3\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/produit\/kipuka-2\">k\u012bpuka #3<\/a>, texte diffus\u00e9 sous licence <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/deed.fr\">CC BY-NC-ND<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\" id=\"note_1\"><sup><a href=\"#appel_note_1\">1<\/a><\/sup> L\u2019extr\u00eame mobilit\u00e9 des avalanches de d\u00e9bris est encore mal comprise : la physique voudrait qu\u2019elles d\u00e9valent les pentes du volcan puis s\u2019arr\u00eatent \u00e0 son pied. Or certaines parcourent des distances consid\u00e9rables m\u00eame une fois sur terrain plat, ce qui constitue un casse-t\u00eate pour les volcanologues\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">[1] Junghuhn FW, 1852. <em>Java, seine Gestalt, Pflanzendecke und innere Bauart<\/em>. Arnold<br><br>[2] Escher BG, 1925. L\u2019\u00e9boulement pr\u00e9historique de Tasikmalaja et le Volcan Galounggoung. <em>Leidische Geol Medeelingen<\/em> 1<br><br>[3] Grange LI, 1931. Conical hills on Egmont and Ruapehu volcanoes. <em>N Z J Sci Tech<\/em> 12<br><br>[4] Sekiya S, Kikuchi Y, 1889. The eruption of Bandai-san. <em>Tokyo Imp Univ Coll Sci J<\/em> 3<br><br>[5] Dufresne A, Siebert L, Bernard B, 2021. Distribution and Geometric Parameters of Volcanic Debris Avalanche Deposits. In: Roverato M, Dufresne A, Procter J (eds). <em>Volcanic Debris Avalanches<\/em>, Springer International Publishing<br><br>[6] de Go\u00ebr de Herve A, Camus G, Miallier D, Sanzelle S, Falgu\u00e8res C, Fain J, et al., 1993. Le puy de Gravenoire et ses coul\u00e9es, dans l\u2019agglom\u00e9ration de Clermont-Ferrand (Massif central fran\u00e7ais) : un mod\u00e8le inhabituel d\u2019avalanche de d\u00e9bris, d\u00e9clench\u00e9e par une \u00e9ruption strombolienne en climat p\u00e9riglaciaire. <em>Bull Soc g\u00e9ol Fr<\/em> 164<br><br>[7] Global Volcanism Program, 2023. Volcanoes of the World (v. 5.1.1; 17 Aug 2023). Distributed by Smithsonian Institution, compiled by Venzke, E. doi:10.5479\/si.GVP.VOTW5-2023.5.1<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1980, l\u2019\u00e9ruption du mont Saint Helens fit prendre conscience de l\u2019existence d\u2019un \u00ab\u00a0nouvel\u00a0\u00bb al\u00e9a volcanique. 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