{"id":2265,"date":"2025-06-30T13:00:00","date_gmt":"2025-06-30T11:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/?p=2265"},"modified":"2026-08-10T16:21:22","modified_gmt":"2026-08-10T14:21:22","slug":"de-curieux-insectes-sur-les-volcans-hawaiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/de-curieux-insectes-sur-les-volcans-hawaiens\/","title":{"rendered":"De curieux insectes sur les volcans hawa\u00efens"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:clamp(1.039rem, 1.039rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.935), 1.6rem);\">Les archipels d\u2019origine volcanique sont propices \u00e0 l\u2019\u00e9volution des esp\u00e8ces (on conna\u00eet l\u2019importance des Gal\u00e1pagos dans les travaux de Darwin). Ces \u00eeles sont caract\u00e9ris\u00e9es par de forts taux d\u2019end\u00e9misme et par la gen\u00e8se rapide d\u2019esp\u00e8ces adapt\u00e9es aux conditions particuli\u00e8res qui y r\u00e8gnent. Hawa\u00ef ne fait pas exception \u00e0 cette r\u00e8gle, avec de curieux insectes vivant au sommet du Mauna Kea ou sur les laves vierges du K\u012blauea\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#00C200\" class=\"has-inline-color\">C<\/mark><span style=\"font-variant: small-caps;\">ette<\/span> rubrique a d\u00e9j\u00e0 vu passer un oiseau, un batracien, un rongeur, un lagomorphe, des poissons\u2026 Sans oublier plusieurs plantes, et m\u00eame des micro-organismes. Mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, point d\u2019insecte. Afin de combler ce manque, ce n\u2019est pas un mais deux insectes qui seront \u00e0 l\u2019honneur dans cet article. Les deux ont la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre end\u00e9miques \u00e0 Big Island (Hawa\u00ef), et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 des environnements volcaniques particuli\u00e8rement hostiles, ce qui a amen\u00e9 ces esp\u00e8ces \u00e0 adopter un mode de vie assez particulier. Entomophobes, passez votre chemin&nbsp;: voici la punaise <em>Nysius wekiuicola<\/em> et le grillon <em>Caconemobius fori<\/em>&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La punaise charognarde du Mauna Kea<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le premier insecte qui va nous int\u00e9resser est le <em>w\u0113kiu bug<\/em> (<em>Nysius wekiuicola<\/em>), un repr\u00e9sentant du vaste ensemble que l\u2019on nomme commun\u00e9ment \u00ab&nbsp;punaises&nbsp;\u00bb. Son appellation provient de Pu\u02bbu W\u0113kiu, litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;plus haute colline&nbsp;\u00bb, toponyme du c\u00f4ne sommital du volcan Mauna Kea. Il fut d\u00e9couvert[1] en 1980 par Mae et Bill Mull, membres de la soci\u00e9t\u00e9 Audubon, c\u00e9l\u00e8bre organisation am\u00e9ricaine de d\u00e9fense de l\u2019environnement. Le couple voulait d\u00e9montrer que le Mauna Kea n\u2019\u00e9tait pas un milieu st\u00e9rile, comme g\u00e9n\u00e9ralement admis \u00e0 l\u2019\u00e9poque, alors que fleurissaient les projets de nouveaux t\u00e9lescopes en haut du volcan. Il est vrai que de loin, l\u2019endroit para\u00eet absolument min\u00e9ral&nbsp;: scories et cendres, tons gris et rouges (photo ci-dessous). La r\u00e9gion sommitale pr\u00e9sente en outre des conditions hostiles&nbsp;: altitudes sup\u00e9rieures \u00e0 4&nbsp;000&nbsp;m\u00e8tres&nbsp;; peu de pr\u00e9cipitations, essentiellement sous forme de neige&nbsp;; gel nocturne\u2026 En d\u00e9pit de cette nature inhospitali\u00e8re, un examen plus pouss\u00e9 permet de d\u00e9celer des traces de v\u00e9g\u00e9tation, mousses et lichens. Et quelques esp\u00e8ces d\u2019insectes, dont l\u2019\u00e9tonnante <em>Nysius wekiuicola<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"382\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Panoroma_of_Mauna_Kea_Observatories-1024x382.jpg\" alt=\"Panorama montrant les observatoires astronomiques au sommet du volcan Mauna Kea \u00e0 Hawa\u00ef.\" class=\"wp-image-1158\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Panoroma_of_Mauna_Kea_Observatories-1024x382.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Panoroma_of_Mauna_Kea_Observatories-300x112.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Panoroma_of_Mauna_Kea_Observatories-768x287.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Panoroma_of_Mauna_Kea_Observatories-1536x574.jpg 1536w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Panoroma_of_Mauna_Kea_Observatories-2048x765.jpg 2048w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Panoroma_of_Mauna_Kea_Observatories-600x224.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Panorama de la zone sommitale du Mauna Kea captur\u00e9 depuis le Pu\u02bbu W\u0113kiu. \u00c0 plus de 4\u00a0000\u00a0m\u00e8tres d\u2019altitude, ces c\u00f4nes de scories constituent un environnement hostile, qui fait pourtant le bonheur de la punaise <\/em>Nysius wekiuicola<em>. Sans oublier la sous-esp\u00e8ce <\/em>Homo sapiens astronomus<em>\u2026 <a href=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Panoroma_of_Mauna_Kea_Observatories.jpg\">CC BY-SA Frank Ravizza<\/a>.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003Physiquement, elle ne paie pourtant pas de mine\u00a0: c\u2019est une petite (&lt;\u00a05\u00a0mm) punaise, aux tons brun-noir, avec de longues pattes, incapable de voler (photo ci-dessous). C\u2019est plut\u00f4t son mode de vie qui interpelle. Tandis que les autres esp\u00e8ces du genre <em>Nysius<\/em> se nourrissent de plantes, l\u2019insecte w\u0113kiu est carnivore. Mais pas besoin de chasser. Il se fait livrer \u00e0 domicile, pas par des coursiers \u00e9videmment, mais par\u2026 le vent\u00a0! L\u2019alimentation de l\u2019esp\u00e8ce repose en effet sur le transport \u00e9olien d\u2019insectes[2], emport\u00e9s des basses altitudes et d\u00e9pos\u00e9s au sommet du Mauna Kea par le ph\u00e9nom\u00e8ne de soul\u00e8vement orographique (la masse d\u2019air monte en rencontrant un relief). L\u00e0-haut, les malheureuses bestioles arrivent mortes ou sonn\u00e9es par le froid, et notre punaise n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 piocher dans ce buffet servi sur plaques de neige\u2026 Une autre particularit\u00e9 du <em>w\u0113kiu bug<\/em> est d\u2019ailleurs de tr\u00e8s bien tol\u00e9rer le froid, tandis que les esp\u00e8ces proches sont plut\u00f4t tropicales. Sa distribution est ainsi restreinte aux plus hautes altitudes du volcan, depuis 3\u00a0500\u00a0m jusqu\u2019au sommet, \u00e0 4\u00a0207\u00a0m \u2013 le point culminant de l\u2019archipel hawa\u00efen. Cet habitat limit\u00e9, combin\u00e9 aux pressions anthropiques sur la montagne (construction de t\u00e9lescopes toujours plus grands), a un temps fait craindre pour la viabilit\u00e9 de l\u2019esp\u00e8ce. Mais apr\u00e8s une p\u00e9riode de suivi des populations, d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise de ne pas l\u2019inscrire sur la liste des esp\u00e8ces menac\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003Notons que le volcan voisin, le Mauna Loa (4&nbsp;169&nbsp;m), poss\u00e8de \u00e0 son sommet une esp\u00e8ce end\u00e9mique d\u2019apparence tr\u00e8s similaire, baptis\u00e9e <em>Nysius aa<\/em>. Elle n\u2019a toutefois pas fait l\u2019objet de recherche comme sa cousine et reste donc assez mal connue.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"735\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Wekiu-1024x735.jpeg\" alt=\"Une punaise aux tons bruns-noirs sur une roche volcanique v\u00e9sicul\u00e9e.\" class=\"wp-image-2280\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Wekiu-1024x735.jpeg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Wekiu-300x215.jpeg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Wekiu-768x551.jpeg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Wekiu-600x431.jpeg 600w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Wekiu.jpeg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Portrait de la punaise <\/em>Nysius wekiuicola<em> sur une scorie du Mauna Kea. <a href=\"https:\/\/www.inaturalist.org\/photos\/439862337\">CC BY-NC James Bailey<\/a>.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le grillon de lave du K\u012blauea<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au sud-est des deux g\u00e9ants, un volcan de taille plus modeste conna\u00eet des \u00e9ruptions tr\u00e8s fr\u00e9quentes&nbsp;: le c\u00e9l\u00e8bre K\u012blauea. Ses effusions de lave cr\u00e9ent de nouvelles surfaces o\u00f9 la vie doit repartir \u00e0 z\u00e9ro. On pourrait penser que cette r\u00e9apparition du vivant commence par la v\u00e9g\u00e9tation (lichens, foug\u00e8res\u2026), qui servirait alors de base au d\u00e9veloppement d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me (voir aussi <strong>k\u012bpuka<\/strong> #2, p.&nbsp;42, pour l\u2019exemple r\u00e9unionnais). Pourtant, les entomologistes qui \u00e9tudient la faune de Big Island ont d\u00e9couvert une esp\u00e8ce d\u2019insecte qui est la premi\u00e8re \u00e0 vivre sur les nouvelles coul\u00e9es de lave, avant m\u00eame l\u2019apparition de la v\u00e9g\u00e9tation&nbsp;! Ce petit grillon (&lt;&nbsp;10&nbsp;mm), baptis\u00e9 <em>Caconemobius fori<\/em>, est consid\u00e9r\u00e9 comme le v\u00e9ritable pionnier de ces rocs nus, parfois observ\u00e9 trois mois \u00e0 peine apr\u00e8s la fin d\u2019une \u00e9ruption. (En r\u00e9alit\u00e9, il n\u2019est pas tout \u00e0 fait seul&nbsp;: une araign\u00e9e-loup du genre <em>Lycosa<\/em> semble affectionner les m\u00eames terrains.) Mais alors, de quoi se nourrit-il&nbsp;? L\u00e0 encore, le vent est impliqu\u00e9 dans l\u2019apport \u00e9nerg\u00e9tique, mais le menu est d\u2019une autre nature qu\u2019au Mauna Kea&nbsp;: d\u00e9bris v\u00e9g\u00e9taux et\u2026 \u00e9cume&nbsp;! Cette mousse marine est riche en albumino\u00efdes (une famille de prot\u00e9ines) et peut donc servir d\u2019appoint nutritif. Le K\u012blauea \u00e9tant situ\u00e9 sur la c\u00f4te orientale de Big Island, il est expos\u00e9 aux aliz\u00e9s&nbsp;; ses coul\u00e9es de laves re\u00e7oivent ainsi un arrivage r\u00e9gulier de nourriture \u00ab&nbsp;fra\u00eeche&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"702\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/grillon-1024x702.jpg\" alt=\"Un grillon marron-translucide, aux longues antennes, sur une roche lavique noire pleine de v\u00e9sicules.\" class=\"wp-image-2278\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/grillon-1024x702.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/grillon-300x206.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/grillon-768x527.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/grillon-600x412.jpg 600w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/grillon.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Un sp\u00e9cimen de <\/em>Caconemobius fori<em> sur une lave du K\u012blauea. Avec l\u2019aimable autorisation d\u2019<a href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/alan_cressler\/6628620851\">Alan Cressler<\/a>.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003Paradoxalement, si cet afflux de mati\u00e8re r\u00e9gale <em>Caconemobius fori<\/em>, il finit aussi par causer sa disparition[3]. Les d\u00e9bris v\u00e9g\u00e9taux vont peu \u00e0 peu combler les anfractuosit\u00e9s \u00e0 la surface de la lave, permettant aux plantes pionni\u00e8res de coloniser ce substrat. Or ces anfractuosit\u00e9s sont n\u00e9cessaires \u00e0 la survie du grillon, qui y trouve un peu d\u2019humidit\u00e9 pour s\u2019abriter en journ\u00e9e \u2013 la temp\u00e9rature de surface peut d\u00e9passer les 40&nbsp;\u00b0C. D\u00e8s que le couvert v\u00e9g\u00e9tal devient trop important, l\u2019esp\u00e8ce dispara\u00eet localement. Heureusement pour elle, l\u2019activit\u00e9 soutenue du K\u012blauea cr\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement les surfaces rocailleuses d\u00e9nud\u00e9es qu\u2019il appr\u00e9cie tant. Encore faut-il qu\u2019il les atteigne. En juillet 2019, une \u00e9quipe a cherch\u00e9 <em>Caconemobius fori<\/em> sur les coul\u00e9es de la grande \u00e9ruption survenue un an auparavant (<strong>k\u012bpuka<\/strong> #1, p.&nbsp;22), en vain. Mais ces nouvelles laves, situ\u00e9es \u00e0 plus de 35&nbsp;km de la caldeira, sont isol\u00e9es des autres sites occup\u00e9s par l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"673\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Hualalai-1024x673.jpg\" alt=\"Vue du volcan Hualalai et de ses anciennes coul\u00e9es de lave qui descendent jusqu'\u00e0 l'oc\u00e9an.\" class=\"wp-image-2279\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Hualalai-1024x673.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Hualalai-300x197.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Hualalai-768x505.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Hualalai-600x394.jpg 600w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Hualalai.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Vue a\u00e9rienne du volcan Hual\u0101lai (au centre). La coul\u00e9e de lave visible \u00e0 droite est la plus r\u00e9cente de l\u2019\u00e9difice (1801) ; son absence de v\u00e9g\u00e9tation permet au grillon <\/em>Caconemobius anahulu<em> d\u2019y vivre. La coul\u00e9e de gauche provient du Mauna Loa (1859), dont la silhouette est visible \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan. <a href=\"https:\/\/www.usgs.gov\/media\/images\/stories-lava-flows-and-volcanic-landscapes-kau-north-kona-featured-public-talk\">USDA Forest Service, domaine public<\/a>.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2003Fait int\u00e9ressant, ce grillon poss\u00e8de lui aussi un cousin sur un autre volcan hawa\u00efen. Il s\u2019agit de <em>Caconemobius anahulu<\/em>, end\u00e9mique du volcan Hual\u0101lai (photo ci-dessus). Il pr\u00e9sente des caract\u00e9ristiques tr\u00e8s similaires, notamment un habitat lavique vierge nourri par le vent \u2013 \u00e9cosyst\u00e8me que les scientifiques ont joliment baptis\u00e9 \u00ab&nbsp;n\u00e9og\u00e9o\u00e9olien&nbsp;\u00bb. Seule diff\u00e9rence&nbsp;: le Hual\u0101lai \u00e9tant localis\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest de Big Island (c\u00f4te-sous-le-vent), il re\u00e7oit peu de pr\u00e9cipitations et la v\u00e9g\u00e9tation met beaucoup plus de temps \u00e0 pousser. \u00c7a tombe bien, la derni\u00e8re \u00e9ruption du volcan date de 1801. Mais cette coul\u00e9e \u00e9tant toujours nue, <em>Caconemobius anahulu<\/em> y vit encore[4], tandis que son voisin du K\u012blauea n\u2019est document\u00e9 que sur des coul\u00e9es \u00e2g\u00e9es de moins de cinquante ans. <mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#00c200\" class=\"has-inline-color\">\u25a0<\/mark><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">Article issu de <a href=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/produit\/kipuka-10\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/produit\/kipuka-2\">k\u012bpuka #10<\/a>, texte diffus\u00e9 sous licence <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/deed.fr\">CC BY-NC-ND<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">[1] Ashlock PD, Gagn\u00e9 WC, 1983. A remarkable new micropterous Nysius species from the aeolian zone of Mauna Kea, Hawaii Island (Hemiptera: Heteroptera: Lygaeidae). <em>Int J Entomol<\/em> 25<br><br>[2] Howarth FG, 1987. Evolutionary ecology of aeolian and subterranean habitats in Hawaii. <em>Trends in Ecology &amp; Evolution<\/em> 2, doi:10.1016\/0169-5347(87)90025-5<br><br>[3] Howarth FG, 1979. Neogeoaeolian habitats on new lava flows on Hawai\u2019i Island: an ecosystem supported by windborne debris. <em>Pacific Insects<\/em> 20<br><br>[4] Heinen\u2010Kay JL, Rotenberry JT, Kay AD, Zuk M, 2021. Lava crickets (Caconemobius spp.) on Hawai\u2019i Island: first colonisers or persisters in extreme habitats? <em>Ecological Entomology<\/em> 46, doi:10.1111\/een.13011<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur Big Island, deux esp\u00e8ces d&rsquo;insectes sont end\u00e9miques d&rsquo;environnements volcaniques particuli\u00e8rement hostiles. Une punaise charognarde vit au sommet du Mauna Kea, \u00e0 plus de 4 000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude ; un grillon est le premier \u00e0 coloniser les coul\u00e9es de lave du K\u012blauea.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2281,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[29],"class_list":["post-2265","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-la-vie","tag-hawai"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2265","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2265"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2265\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2286,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2265\/revisions\/2286"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2281"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2265"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2265"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2265"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}