{"id":1756,"date":"2025-06-30T12:00:00","date_gmt":"2025-06-30T10:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/?p=1756"},"modified":"2026-02-06T15:16:51","modified_gmt":"2026-02-06T14:16:51","slug":"les-volcans-mexicains-de-johann-moritz-rugendas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/les-volcans-mexicains-de-johann-moritz-rugendas\/","title":{"rendered":"Les volcans mexicains de Johann Moritz Rugendas"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:clamp(1.039rem, 1.039rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.935), 1.6rem);\">Avant d\u2019\u00eatre peints par l\u2019artiste national Jos\u00e9 Maria Velasco, les volcans mexicains ont \u00e9t\u00e9 peints\u2026 par un artiste allemand&nbsp;! Dans les pas de Humboldt, Johann Moritz Rugendas fait partie de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de peintres voyageurs ayant arpent\u00e9 l\u2019Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#800000\" class=\"has-inline-color\">J<\/mark><span style=\"font-variant: small-caps;\">ohann Moritz Rugendas<\/span> est n\u00e9 \u00e0 Augsbourg en 1802, dans une famille poss\u00e9dant une longue tradition artistique. C\u2019est donc logiquement qu\u2019il suit les traces de ses anc\u00eatres en apprenant le dessin, la gravure\u2026 \u00c0 dix-neuf ans, Rugendas est engag\u00e9 comme illustrateur par l\u2019exp\u00e9dition naturaliste Langsdorff et se retrouve au Br\u00e9sil, o\u00f9 il passe trois ann\u00e9es. De retour en Europe, il se forme \u00e0 la peinture \u00e0 l\u2019huile et fait une rencontre qui va changer le cours de sa vie&nbsp;: son compatriote Alexander von Humboldt[1]. Le naturaliste et explorateur de l\u2019Am\u00e9rique est alors d\u00e9j\u00e0 un scientifique reconnu. Il sert de mentor \u00e0 Rugendas et fait jouer ses relations pour aider la carri\u00e8re naissante de l\u2019artiste, avec notamment la publication de son <em>Voyage pittoresque dans le Br\u00e9sil<\/em> (1827). D\u00e8s l\u2019introduction du premier fascicule, consacr\u00e9 aux paysages, Rugendas montre une d\u00e9marche typiquement humboltienne de compr\u00e9hension du paysage \u00e0 travers les sciences de la terre (traduction Philippe de Golb\u00e9ry)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\" style=\"font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.708), 1.3rem);\">\n<p>Le pays tel qu\u2019il se pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019\u0153il du voyageur, les caract\u00e8res distinctifs que l\u2019on aper\u00e7oit d\u00e8s le premier aspect, les d\u00e9veloppements de ces particularit\u00e9s que le dessin ne saurait indiquer, enfin la d\u00e9termination de divisions territoriales, que nous appellerons pittoresques, par opposition \u00e0 celles de l\u2019administration politique&nbsp;; voil\u00e0 tout ce que doit renfermer ce premier cahier.<br>Si nous recherchons les causes et les circonstances qui ont op\u00e9r\u00e9 ces divisions pittoresques, nous les retrouverons \u00e9videmment dans les vari\u00e9t\u00e9s du climat et du sol.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Suivant les traces de son mentor, Johann Moritz Rugendas part pour le Mexique en 1831. L\u00e0, son \u0153uvre prend une nouvelle dimension&nbsp;: c\u2019est une terre mouvement\u00e9e qui s\u2019offre \u00e0 ses pinceaux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"704\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_lake.jpg\" alt=\"Le lac de Texoco, huile sur carton de Johann Moritz Rugendas.\" class=\"wp-image-1996\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_lake.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_lake-300x206.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_lake-768x528.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_lake-600x413.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le lac de Texoco<em>, huile sur carton. Ce paysage est aujourd\u2019hui occup\u00e9 par la m\u00e9gapole de Mexico. On reconna\u00eet le Popocatepetl et l\u2019Iztacc\u00edhuatl englac\u00e9s \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan. Au second plan, on identifie aussi tr\u00e8s bien les petits volcans El Pino, La Caldera et Tetlamanche (de gauche \u00e0 droite).<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ann\u00e9es mexicaines<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le Mexique poss\u00e8de de nombreux volcans actifs (35 d\u2019apr\u00e8s le Global Volcanism Program, <strong>k\u012bpuka<\/strong> #9, p.&nbsp;48). Et il n\u2019est pas besoin de s\u2019aventurer bien loin pour en admirer&nbsp;: depuis Mexico, on peut apercevoir les hautes silhouettes (plus de 5&nbsp;000&nbsp;m) du Popocatepetl et de son amour Iztacc\u00edhuatl \u2013 un guerrier et une princesse dans la l\u00e9gende azt\u00e8que. Ou du moins le pouvait-on au <span style=\"font-variant: small-caps;\">xix<\/span><sup>e<\/sup> si\u00e8cle, avant que la ville ne devienne une m\u00e9gapole au ciel pollu\u00e9\u2026 C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un des int\u00e9r\u00eats des tableaux qu\u2019en a fait Rugendas&nbsp;: ils repr\u00e9sentent des paysages qui ont largement disparu depuis. Ainsi, la toile <em>Le lac de Texoco<\/em> (ci-dessus) montre la paisible \u00e9tendue d\u2019eau qui a \u00e9t\u00e9 drain\u00e9e pour construire l\u2019agglom\u00e9ration de Mexico. Aujourd\u2019hui, toute cette surface est urbanis\u00e9e. Et si on reconna\u00eet ais\u00e9ment les reliefs caract\u00e9ristiques des deux grands volcans repr\u00e9sent\u00e9s, un \u00e9l\u00e9ment a radicalement chang\u00e9 en presque deux si\u00e8cles&nbsp;: leurs glaciers sommitaux, bien discernables chez Rugendas et plus tard chez Velasco[2], ont aujourd\u2019hui quasiment disparu. La fin des glaciers du Popocatepetl, \u00e9videmment li\u00e9e au r\u00e9chauffement climatique, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cipit\u00e9e par une intense p\u00e9riode \u00e9ruptive \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990. Ceux de l\u2019endormi Iztacc\u00edhuatl r\u00e9gressent rapidement&nbsp;; la disparition du glacier Ayoloco, un des derniers \u00e0 coiffer l\u2019\u00e9difice, a \u00e9t\u00e9 officiellement d\u00e9clar\u00e9e en 2018. Seule une plaque vient rappeler son existence pass\u00e9e\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"697\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Colima_crater.jpg\" alt=\"Vue dans le crat\u00e8re du volcan Colima, huile sur carton de Johann Moritz Rugendas.\" class=\"wp-image-1992\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Colima_crater.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Colima_crater-300x204.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Colima_crater-768x523.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Colima_crater-600x408.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Vue dans le crat\u00e8re du volcan Colima<em>, huile sur carton.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u2003L\u2019artiste allemand ne s\u2019est pas content\u00e9 de peindre les volcans de la r\u00e9gion de Mexico. Son exploration du pays l\u2019a aussi men\u00e9 au volcan de Colima, un des plus actifs du pays. Ce beau stratoc\u00f4ne culmine \u00e0 3&nbsp;820&nbsp;m, \u00e0 l\u2019ombre du plus paisible Nevado de Colima. Rugendas a peint plusieurs vues des deux \u00e9difices, dont certaines montrant le crat\u00e8re en \u00e9ruption (ci-dessus). Celles-ci interrogent\u2026 D\u2019apr\u00e8s les archives du Global Volcanism Program, le volcan aurait connu une \u00e9ruption en 1819, puis une en 1869, mais rien dans les ann\u00e9es 1830. L\u2019artiste a-t-il vraiment \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin d\u2019une \u00e9ruption au sommet du volcan&nbsp;? Malheureusement, il n\u2019est jamais parvenu \u00e0 faire publier ses voyages post\u00e9rieurs au Br\u00e9sil\u2026 Pour retracer son parcours, nous disposons seulement de sa correspondance et des \u00e9crits parfois laiss\u00e9s par ses compagnons de voyage. Pour ce qui est du Colima, il n\u2019y a que quelques lignes laiss\u00e9es dans une lettre par son ami Eduard Harkort, un ing\u00e9nieur des mines allemand&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p style=\"font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.708), 1.3rem);\">Il y a une semaine, nous (entre tous les mortels !) avons r\u00e9ussi \u00e0 escalader le c\u00e9l\u00e8bre volcan de Colima pour la premi\u00e8re fois. Sa derni\u00e8re \u00e9ruption remonte \u00e0 1829.<br>Herr Rugendas a fait quelques croquis et tableaux au cours de ces voyages ; j\u2019ai fait quelques \u00e9tudes g\u00e9ographiques et g\u00e9ologiques.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Ce passage a plusieurs implications. En premier lieu, la mention d\u2019une \u00e9ruption en 1829 montre que les archives \u00e9ruptives du volcan sont incompl\u00e8tes. Deuxi\u00e8mement, il laisse penser que les deux hommes n\u2019ont pas vu d\u2019\u00e9ruption, ph\u00e9nom\u00e8ne que Harkort n\u2019aurait pas manqu\u00e9 de d\u00e9crire. Rugendas aurait donc peint l\u2019explosion du Colima d\u2019apr\u00e8s son imagination, peut-\u00eatre en s\u2019appuyant sur d\u2019autres documents iconographiques. Et il faut croire Harkort sur parole quant \u00e0 l\u2019atteinte du sommet, sa physionomie ayant \u00e9t\u00e9 largement boulevers\u00e9e par l\u2019activit\u00e9 volcanique depuis sa repr\u00e9sentation par son ami artiste.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"974\" height=\"666\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_1.jpg\" alt=\"Le volcan Jorullo, huile sur carton de Johann Moritz Rugendas.\" class=\"wp-image-1994\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_1.jpg 974w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_1-300x205.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_1-768x525.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_1-600x410.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 974px) 100vw, 974px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le volcan Jorullo<em>, huile sur carton.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u2003En revanche, si l\u2019on s\u2019amuse \u00e0 comparer la vue du Jorullo peinte par Rugendas \u00e0 l\u2019aspect actuel du volcan, la ressemblance est frappante. On reconna\u00eet sans mal les d\u00e9tails de l\u2019\u00e9difice, comme les diff\u00e9rents c\u00f4nes adventifs qui entourent le c\u00f4ne principal. On distingue m\u00eame les lev\u00e9es, ces digues construites par la lave qui canalisent les coul\u00e9es. Ce c\u00f4ne strombolien est n\u00e9 entre 1759 et 1774 \u2013 c\u2019est le deuxi\u00e8me volcan le plus jeune du Mexique, apr\u00e8s le Par\u00edcutin (1943\u20131952). Humboldt avait visit\u00e9 le Jorullo, encore bien fumant, en 1803&nbsp;; l\u00e0 encore, Rugendas suit les pas de son compatriote. Sur sa vue large de l\u2019\u00e9difice (ci-dessus), nulle trace d\u2019activit\u00e9. Cette sc\u00e8ne est frappante par le contraste entre l\u2019aspect min\u00e9ral du mont et les tons verts de la v\u00e9g\u00e9tation alentour \u2013 depuis, c\u00f4nes et coul\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 largement recouverts. En revanche, une vue de l\u2019int\u00e9rieur du crat\u00e8re le montre encore fumant au d\u00e9but des ann\u00e9es 1830, soit une soixantaine d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s la fin de l\u2019\u00e9ruption. C\u2019est tout \u00e0 fait plausible, le ph\u00e9nom\u00e8ne se produit parfois au Par\u00edcutin. Il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019un d\u00e9gazage magmatique, mais plut\u00f4t de l\u2019eau de pluie qui, en s\u2019infiltrant dans les pores de la roche, atteint le c\u0153ur encore chaud du volcan.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"708\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_2.jpg\" alt=\"Bouche \u00e9ruptive fumante du volcan Jorullo, huile sur carton de Johann Moritz Rugendas.\" class=\"wp-image-1995\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_2.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_2-300x207.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_2-768x531.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Jurillo_2-600x415.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Bouche \u00e9ruptive fumante du volcan Jorullo<em>, huile sur carton.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u2003La liste ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0, mais nous manquons de pages pour tout montrer\u2026 Les amateurs pourront consulter les <a href=\"https:\/\/www.smb.museum\/home\/\">collections des mus\u00e9es d\u2019\u00c9tat de Berlin<\/a>, qui concentrent l\u2019essentiel du pan mexicain de l\u2019\u0153uvre de Rugendas. Parmi les autres volcans figur\u00e9s, mentionnons le Nevado de Toluca et le pic d\u2019Orizaba, point culminant du pays (5&nbsp;636&nbsp;m). Le peintre a \u00e9galement repr\u00e9sent\u00e9 des sites d\u2019origine volcanique, comme les orgues de Santa Mar\u00eda Regla. La p\u00e9riode mexicaine de Rugendas a donc \u00e9t\u00e9 prolifique, mais s\u2019est termin\u00e9e de mani\u00e8re assez abrupte. S\u2019\u00e9tant accoint\u00e9 \u00e0 des opposants politiques au r\u00e9gime lib\u00e9ral, il fut emprisonn\u00e9 un temps avant d\u2019\u00eatre expuls\u00e9 du pays en mars 1834.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"686\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Iztaccihuatl_2.jpg\" alt=\"Le sommet de l\u2019Iztacc\u00edhuatl, huile sur carton de Johann Moritz Rugendas.\" class=\"wp-image-1993\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Iztaccihuatl_2.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Iztaccihuatl_2-300x201.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Iztaccihuatl_2-768x515.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Iztaccihuatl_2-600x402.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le sommet de l\u2019Iztacc\u00edhuatl<em>, huile sur carton. Le volcan poss\u00e9dait environ 6,4 km<sup>2<\/sup> de glaciers en 1850, il n\u2019en reste presque plus rien aujourd\u2019hui.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"698\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Nevado_2.jpg\" alt=\"Nevado de Colima vu depuis la c\u00f4te de Zapotl\u00e1n, huile sur carton de Johann Moritz Rugendas.\" class=\"wp-image-1997\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Nevado_2.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Nevado_2-300x204.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Nevado_2-768x524.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_Nevado_2-600x409.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Nevado de Colima vu depuis la c\u00f4te de Zapotl\u00e1n<em>, huile sur carton.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"699\" src=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_orgues.jpg\" alt=\"Gorge basaltique de Santa Mar\u00eda Regla, huile sur carton de Johann Moritz Rugendas.\" class=\"wp-image-1998\" srcset=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_orgues.jpg 1024w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_orgues-300x205.jpg 300w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_orgues-768x524.jpg 768w, https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Rugendas_orgues-600x410.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Gorge basaltique de Santa Mar\u00eda Regla<em>, huile sur carton.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Autres contr\u00e9es et autres sujets<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le peintre voyageur n\u2019en quitta pas l\u2019Am\u00e9rique pour autant. Il passa une douzaine d\u2019ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires au sud du continent, principalement au Chili (1834\u20131842), puis au P\u00e9rou, en Bolivie, en Argentine, au Br\u00e9sil\u2026 avant de finalement rejoindre son Europe natale en 1846. Il n\u2019a \u00e9videmment pas manqu\u00e9 de peindre quelques volcans au passage, comme le Descabezado Grande et l\u2019Antuco. On lui doit \u00e9galement une image d\u2019une \u00e9ruption sous-marine au large de l\u2019archipel chilien Juan Fern\u00e1ndez, pourtant consid\u00e9r\u00e9e comme douteuse par les autorit\u00e9s volcanologiques\u2026 Notez qu\u2019il ne s\u2019agit l\u00e0 que du versant paysager du travail de Rugendas, mais il ne s\u2019est pas content\u00e9 de peindre la nature. Son \u0153uvre foisonnante comprend \u00e9galement de nombreuses sc\u00e8nes \u00e0 caract\u00e8re ethnographique, qui illustrent ce qu\u2019\u00e9tait la vie en Am\u00e9rique latine dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du <span style=\"font-variant: small-caps;\">xix<\/span><sup>e<\/sup> si\u00e8cle. On peut ainsi rattacher Rugendas au <em>costumbrismo<\/em>, vaste courant litt\u00e9raire et pictural d\u2019origine espagnole, qui s\u2019attache \u00e0 repr\u00e9senter la vie quotidienne, le folklore, les coutumes\u2026 Dans une lettre de 1846, l\u2019\u00e9crivain \u2013 et futur pr\u00e9sident \u2013 argentin Domingo Faustino Sarmiento d\u00e9clarait\u00a0: \u00ab\u00a0Humboldt avec la plume, Rugendas avec le crayon, sont les deux Europ\u00e9ens qui ont d\u00e9crit l\u2019Am\u00e9rique de la mani\u00e8re la plus vivante.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2003En parlant de courant artistique, une analyse de ses toiles mexicaines[3] d\u00e9voile une influence du romantisme allemand, et notamment de son chef de file Caspar David Friedrich. En particulier, Rugendas place souvent un ou plusieurs personnages contemplatifs au premier plan de ses paysages (ce qui, pour nous autres g\u00e9ologues, donne un indispensable sentiment d\u2019\u00e9chelle). \u00c0 son tour, l\u2019artiste allemand aurait eu une certaine influence sur ses confr\u00e8res d\u2019Am\u00e9rique latine[4]. Il est presque consid\u00e9r\u00e9 comme un peintre local dans certains pays sud-am\u00e9ricains, qui \u00e9taient alors de toutes jeunes nations. Les collections du continent poss\u00e8dent de nombreuses toiles attribu\u00e9es \u00e0 Rugendas, m\u00eame si toutes ne sont pas forc\u00e9ment authentiques\u2026 Signe qu\u2019il avait conserv\u00e9 une certaine valeur marchande, il a en effet \u00e9t\u00e9 copi\u00e9 \u2013 entre autres peintres \u2013 dans les ann\u00e9es 1940 par Roberto Heymann[5], un marchand d\u2019art et faussaire br\u00e9silien install\u00e9 en France&nbsp;! <mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#800000\" class=\"has-inline-color\">\u25a0<\/mark><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Article issu de <a href=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/produit\/kipuka-10\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/produit\/kipuka-2\">k\u012bpuka #10<\/a>, texte diffus\u00e9 sous licence <a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/4.0\/deed.fr\">CC BY-NC-ND<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[1] Olivares Sandoval O, 2023. The volcanoes of Alexander von Humboldt and Johann Moritz Rugendas. The Humboldtian landscape complex. <em>Investigaciones Geogr\u00e1ficas<\/em> 110, doi:10.14350\/rig.60692<br><br>[2] Decobecq D, 2024. Jos\u00e9 Maria Velasco, le premier peintre des volcans mexicains. <em>LAVE : revue de l\u2019Association volcanologique europ\u00e9enne<\/em> 216<br><br>[3] Magnin L, 2020. Le Mexique au prisme du romantisme allemand. \u00c0 propos de quelques peintures de paysage de J. M. Rugendas (1831-1834). <em>Amerika<\/em> 20, doi:10.4000\/amerika.12011<br><br>[4] Magnin L, 2016. Les peintures de paysages de Johann Moritz Rugendas : un exemple de transferts artistiques entre Europe et Am\u00e9rique latine au XIXe si\u00e8cle. <em>Artl@s Bulletin<\/em> 5<br><br>[5] Bortoloti M, 2021. Observaciones sobre un taller de falsificaciones. Dans Diener P, Costa M de F (coord.), <em>Rugendas: el artista viajero<\/em>. Santiago du Chili : Ediciones Biblioteca Nacional de Chile.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les pas de Humboldt, Johann Moritz Rugendas fait partie de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de peintres voyageurs ayant arpent\u00e9 l\u2019Am\u00e9rique latine. Focus sur sa p\u00e9riode mexicaine.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1785,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35],"tags":[56],"class_list":["post-1756","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-limage","tag-mexique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1756","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1756"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1756\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2005,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1756\/revisions\/2005"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1785"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1756"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1756"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.kipuka.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1756"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}